Mai 2019
Que faire à Marrakech ?
De nombreuses activités sont possibles à Marrakech. Différents organismes proposent des sorties en dehors du cœur de la ville : randonnée dans le Moyen ou le Haut Atlas, balade à dos de dromadaire, quad dans le désert, excursion à Essaouira ou aux cascades de l’Ouzoud, et bien d’autres encore.
À l’intérieur de la médina, vous pouvez également profiter des calèches pour faire un tour de la ville, vous perdre dans les souks, ou vous détendre dans l’un des nombreux spas que vous croiserez. Vous pouvez aussi simplement vous balader dans les rues et sur la place Jemaa el-Fna pour profiter du dépaysement et du soleil. Votre programme dépendra bien sûr du nombre de jours que vous passerez sur place.
Pour organiser ces activités, plusieurs options s’offrent à vous :
Trouver un site fiable avant votre départ et réserver à l’avance.
Réserver directement sur place auprès d’une agence.
Passer par les petites associations présentes sur la place.
Pour ma part, l’option la plus sûre reste de réserver en avance ou bien de passer par une agence sur place. Les petites associations qui vous proposeront leurs excursions peuvent parfois manquer de fiabilité.
Programme du séjour :
1er jour
Je suis allée déposer mes valises dans mon riad, puis je suis rapidement partie déambuler dans les souks. Je me suis perdue dans les rues de la vieille ville et j’ai admiré la célèbre Koutoubia. J’ai ensuite dégusté un couscous dans un restaurant en rooftop sur la place Jemaa el-Fna.
2e jour
Randonnée à la journée dans le Moyen Atlas. Le chauffeur est venu me récupérer à mon riad et m’a emmenée dans un village berbère, point de départ de la randonnée. J’ai ensuite traversé le Moyen Atlas en compagnie d’un habitant du village qui faisait office de guide. Il m’a fait part des difficultés rencontrées par son village et, plus largement, par le pays. C’était très intéressant de pouvoir échanger avec lui sur sa vision de l’évolution du Maroc, en comparaison avec la France. À midi, j’ai déjeuné dans un petit restaurant ; le repas était compris dans le prix de la sortie.
3e jour
J’ai également fait une balade d’une demi-journée à dos de dromadaire dans les environs de Marrakech. La sortie se déroulait en groupe, ce qui permettait d’échanger avec d’autres voyageurs tout en profitant du paysage. Nous avons avancé tranquillement à travers des zones semi-désertiques et des palmeraies, bercés par le pas lent et régulier des dromadaires.
À mi-parcours, nous avons fait une pause dans un petit campement traditionnel où l’on nous a servi un thé à la menthe, accompagné de quelques douceurs locales. C’était un moment agréable et convivial, idéal pour se reposer, discuter et s’imprégner de l’atmosphère paisible des lieux avant de reprendre la route.
Les sorties se sont déroulées grâce à l’organisme Dune et désert.
4e jour
J’ai pris un bus tôt le matin pour me rendre à Essaouira pour la journée. Le trajet m’a permis d’admirer progressivement les paysages changeants du Maroc, entre collines arides, oliveraies et petites villes pittoresques.
Arrivée à Essaouira, j’ai été immédiatement charmée par l’ambiance paisible de cette ville côtière, ses remparts chargés d’histoire et ses ruelles étroites bordées de maisons blanchies à la chaux et aux volets bleus. J’ai passé la journée à flâner dans la médina, longer le marché rempli d’épices et de fruits, et à profiter de l’air marin le long du port. C’était l’occasion parfaite de découvrir une autre facette du Maroc, bien différente de l’effervescence de Marrakech.
J’ai réservé cette sortie dans une agence sur place. Je pense qu’elle m’a couté plus chère que si je l’avais prise en amont, mais je n’étais pas sûre d’avoir le temps dans le séjour. L’organisme est venu nous chercher à la médina, et nous a ramener à la place principale.
5e jour
Je me suis rendue aux célèbres Jardins de Majorelle, un véritable havre de paix au cœur de Marrakech. Je n’ai pas visité le musée, me concentrant uniquement sur les jardins, qui offrent un festival de couleurs avec leurs plantes exotiques, bassins et allées ombragées, ainsi que le bleu intense typique de Majorelle. Après cette balade tranquille, j’ai poursuivi ma journée à pied dans la médina, me perdant volontairement dans ses ruelles animées, entre souks colorés, artisans au travail et petites places cachées, afin de m’imprégner pleinement de l’atmosphère unique de la vieille ville.
Je suis rentrée le 6e jour.
Ou dormir ?
Pour les adeptes d’Airbnb, il faut oublier cette idée : vous n’en trouverez pas vraiment à Marrakech, ou bien cela ne sera ni fiable ni convenable. Cependant, l’option qui s’en rapproche le plus est le riad. Une riad est une maison traditionnelle avec un patio ou un jardin intérieur, autour duquel s’organisent différentes chambres à louer. C’est un lieu très convivial, souvent tenu par des Français, qui permet de profiter pleinement de l’ambiance locale.
Si vous craignez de ne pas y trouver tout le confort dont vous avez besoin (et croyez-moi, vous vous trompez), vous pouvez toujours opter pour un hôtel, à l’intérieur ou à l’extérieur de la médina.
Il existe également de nombreux hôtels dans la nouvelle ville. Je les trouve cependant trop occidentaux et moins propices à s’immerger dans la culture marocaine.
Personnellement, j’ai loué une chambre dans une riad nommée Riad Alnadine, gérée par Alain et Nadine. Ils ont été accueillants, chaleureux et d’une grande aide, nous prodiguant des conseils précieux. Le service y est exemplaire : un brunch chaque matin composé d’une omelette, de multiples fruits, d’un jus d’orange, d’une boisson chaude au choix, d’un yaourt maison et de viennoiseries, et le ménage des chambres est fait tous les matins.
La riad dispose d’un patio central et d’une terrasse en plein soleil à l’étage. Alain et Nadine nous ont donné de précieuses recommandations sur les lieux à visiter ou à éviter, et nous ont même fourni un GPS pour nous déplacer sans nous perdre, ce qui s’est révélé très pratique après plusieurs heures passées dans les souks !
J’avais réservé sur Booking seulement 4 mois à l’avance.
Comment se déplacer ?
Je vous conseille de vous déplacer principalement à pied ou en calèche, qui propose des visites guidées de la ville. Il est possible de louer un scooter, mais le code de la route est souvent aléatoire, ce qui peut s’avérer dangereux. Vous pouvez également louer une voiture pour explorer les environs, mais restez vigilant : roulez toujours à droite et surveillez bien vos rétroviseurs. Comme pour le scooter, le code de la route étant assez flou, même si la voiture est moins risquée, les imprévus ne sont pas rares. Les taxis et les bus restent aussi des options pratiques pour se déplacer.
L’avantage de se déplacer à pied, au-delà de la sécurité, est de plonger directement au cœur de la ville et de sa culture. À mon avis, c’est la meilleure manière de la découvrir. Attention toutefois à vos affaires : évitez de laisser vos poches ouvertes les pickpockets sont assez fréquents.
Les faits marquants
Personnellement, trois choses m’ont particulièrement marquée à Marrakech :
1. La maltraitance des animaux
Tout d’abord, les poulets vendus sur la place, entassés dans des camionnettes toute la journée, témoignent déjà d’une souffrance animale. Ensuite, il faut évoquer les singes. Vous avez peut-être vu sur Instagram quelqu’un revenir de Marrakech avec un selfie à côté d’un singe et trouvé cela amusant, mais la réalité est bien plus triste.
Au Maroc, l’achat de singes est légal, et certaines personnes les utilisent pour gagner de l’argent. Ils attachent leur singe en laisse, l’habillent contre son gré, et se promènent sur la place Jemaa el-Fna, demandant aux touristes de payer pour prendre une photo avec l’animal. Quelle que soit la somme donnée, elle n’est jamais suffisante selon eux. Lors des journées « à vide », il peut même arriver que le singe soit placé de force sur votre épaule, et qu’on vous réclame de l’argent pour l’avoir eu. Ces animaux sont torturés, stressés et malheureux ; ce sont des animaux sauvages, pas des jouets à exploiter pour quelques secondes de divertissement.
2. La pauvreté des habitants
Même si Marrakech n’est pas la ville la plus pauvre du monde, la pauvreté y est beaucoup plus visible qu’en France, et le contraste est frappant. À l’entrée de la ville, on voit des personnes assises par terre, parfois toute la journée, dans l’attente d’un travail ou d’une opportunité. Ce constat est omniprésent dans la médina et les quartiers plus modestes.
3. La circulation et la pollution
Scooters et deux-roues motorisés sont omniprésents, que ce soit sur la place, dans les grandes avenues ou dans les petites rues piétonnes. Pour les touristes, ils peuvent être dangereux : ils doublent souvent par la droite ou la gauche, et il est facile d’avoir un accident ou de se faire très peur. La circulation contribue également à la pollution et à la saleté des rues, omniprésente dans certains quartiers.
On peut aussi mentionner les sollicitations incessantes : taxis qui veulent vous emmener, habitants qui cherchent à vous vendre leurs services ou à vous guider. Rien n’est vraiment gratuit dans la médina, et il faut garder à l’esprit que la pauvreté est une réalité quotidienne pour beaucoup.
Les bons côtés de Marrakech
Malgré tout, Marrakech reste une ville magnifique, grâce à ses couleurs, son histoire et ses odeurs. L’ensemble des bâtisses rouges ocres, les étalages colorés de fruits et d’épices, les senteurs des restaurants disséminés un peu partout, ou encore le coucher de soleil sur la place principale, ne vous laisseront pas indifférent. Vous ne saurez plus où poser votre appareil photo entre la magnifique Koutoubia, les synagogues, les souks et la place Jemaa el-Fna, que ce soit de jour ou de nuit.
Conclusion
Je retournerai à Marrakech sans hésité. Mais je prendrai d’avantage le temps de me balader dans les extérieurs de la ville avec un scooter ou une voiture. Comme aller traverser le moyen Atlas, et les cascades de l’Ouzoud. Je pense que les extérieur de Marrakech ont des paysages magiques à nous faire découvrir avec des recoins préserver du tourisme mais spectaculaire.
